
Les cinq films de cette Carte Blanche représentent des genres et des époques qui révèlent l’évolution de la société espagnole durant quatre décades. Plácido (1961) montre la vitalité d’un cinéma critique, de la part de Luis Berlanga et de son scénariste Rafael Azcona, dans lequel l’humour noir espagnol semble être la plus corrosive des voies pour dévoiler le sous développement et l’hypocrisie. Vingt ans plus tard, Iván Zuleta, un cinéaste « maudit », crée dans Arrebato une œuvre originale et inquiétante, devenue aujourd’hui un film culte, alors que Carlos Saura avec Deprisa, deprisa, Ours d’Or au Festival de Berlin, révèle l’existence d’une nouvelle génération de jeunes, dans le cas présent des délinquants, après la mort de Franco. Dix ans plus tard, Pedro Olea contemple ces transformations sociales à travers El maestro de esgrima (1992) sous le thème du film d’époque, et Imanol Uribe dans Días contados , Concha de Oro au Festival de San Sebastian, ose parler du terrorisme à travers une belle et douloureuse histoire d’amour. Voila cinq exemples de la diversité du cinéma espagnol et de la vitalité de ses cinéastes. J’aurais pu choisir d’autres films mais j’espère que ce choix sera d’un grand intérêt pour les spectateurs.
DIEGO GALÁN
Diego Galán est écrivain et réalisateur de cinéma. La télévision espagnole lui doit des séries sur le cinéma espagnol dont Memorias del cine español et Queridos cómicos. Il est aussi l’auteur de divers ouvrages parmi lesquels Carta abierta a Berlanga, Fernan Gómez, un señor muy pelirrojo, Un joven llamado Saura, Pilar Miró, nadie me enseñó a vivir et Jack Lemmon nunca cenó aquí, ce dernier étant inspiré de son expérience en tant que directeur du Festival International du Film de San Sebastián de 1986 à 2000. Il a par ailleurs réalisé plusieurs documentaires, dont ¿Quién fue Pilar Miró? et Pablo G.del Amo, un montador de ilusiones.