Cycles & Rétrospectives

Paysages périphériques. O Novo Cinema Galego

En collaboration avec AGADIC (Agence Galicienne des Industries Culturelles). 

 

Paysages périphériques

Depuis 2010 est apparu en Galice un groupe de nouveaux cinéastes se rejoignant par leur façon de voir et d’habiter le monde et leur style avant-gardiste. Ces réalisateurs émergents partagent des traits stylistiques et ont des thématiques communes : la relation entre l’homme et le paysage, une forte présence du monde rural, mais aussi des questionnements autour de la migration et les différences générationnelles.

Sans nul doute, il s’agit d’un cinéma chargé de paysages périphériques. Car cette nouvelle vague se définit par un remarquable traitement des paysages et nous fait ainsi voyager de la Costa da Morte à l’Atlas marocain, ou des montagnes galiciennes jusqu’aux lacs gelés de Suède. La notion de périphérie n’est pas moins importante. D’une part cette périphérie répond à des critères géographiques, d’autre part, ces réalisateurs militent pour une manière de concevoir et de produire le cinéma éloignée tant des narrations classiques que des grosses productions.

Après une première vague dans les années 70, le cinéma galicien prend une deuxième force au début de cette décennie, notamment avec le film d’Olivier Laxe Todos vós sodes capitáns, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs et présent dans de nombreux festivals. Ensuite Lois Patiño réalise le documentaire Costa da morte (2013) et pose les bases du portrait du paysage. Difficile d’oublier ces belles images où les humains, insignifiants, se battent contre la force de la nature sur la côte d’A Coruña. Avec un regard plus intimiste, Eloy Domínguez réalise No cow on the ice (2015) et nous offre le touchant et honnête journal intime d’un jeune émigré en Suède. En 2017, une des œuvres les plus singulières et provocatrices du dernier cinéma espagnol voit le jour : Dhogs d’Andrés Goteira, un inclassable thriller inspiré du cinéma américain. Et la plus jeune du groupe, Anxos Fazáns, réalise brillamment A estación violenta, une histoire d’amitié et de souvenirs du passé entre concerts de rock et baignades à la mer.

Le Novo Cinema Galego est donc pluriel et riche en propositions : les films explorent souvent les limites entre le documentaire et la fiction, jouent avec l’expérimentation. Olivier Laxe, Lois Patiño, Xacio Baño ou Diana Toucedo sont à la tête d’un groupe qui s’agrandit chaque année cumulant les sélections dans de prestigieux festivals internationaux comme Locarno, la Quinzaine des Réalisateurs ou BAFICI à Buenos Aires.

Alba Paz, co-directrice de Cinespaña

 

 

 


Table ronde

Discussion sur la nouvelle vague du cinéma galicien avec les producteurs Felipe Lage Coro et Daniel Froiz et les réalisateurs Diana Toucedo, Oliver Laxe et Anxos Fazáns.
DIM.07 – 16h30 – CAVE POÉSIE (ENTRÉE LIBRE)