Cycles & rencontres

Asturies

En collaboration avec le Festival de Gijón

MÉMOIRE, MILITANTISME ET EXIL : UNE APPROCHE DU CINÉMA ASTURIEN CONTEMPORAIN

Ce cycle se construit à partir de deux versants idiosyncratiques des Asturies contemporaines. D’un côté, le besoin de gérer l’héritage socio-économique et idéologique du mouvement ouvrier qui s’épanouit durant son développement industriel. De l’autre, la situation de ceux qui, en raison de la répression ou faute d’horizons vitaux, abandonnèrent et abandonnent leur terre natale. Ces deux sujets semblent finalement se rejoindre dans une question essentielle pour les Asturies : redéfinir sa propre identité.

Au cœur de cette réflexion se trouve Cantares de una revolución, nouvelle cime dans la filmographie de Ramón Lluís Bande, qui honore, avec la complicité du musicien Nacho Vegas, la mémoire de Belarmino Tomás, leader de la Révolution d’octobre 1934, pour combattre entre autres objectifs l’actuelle résurgence de l’extrême droite. Dans ReMine, el último movimiento obrero, Marcos M. Merino documente la mobilisation de 2012 des mineurs asturiens du charbon (ceux-là mêmes qui, alors forts de 60.000 travailleurs, mirent en échec le régime franquiste dans les années 60). Les traces de ce mouvement sont également analysées par Tito Montero dans El pasado presente, qui propose une cartographie de la crise collective asturienne à travers différents secteurs, reliant le passé à la période actuelle et orientant sa recherche vers le futur.

Quant aux regards depuis et vers l’extérieur, Elisa Cepedal, diplômée de la London Film School, a conçu trois fictions-miroir de sa condition d’émigrée. Dans La Playa, une adolescente cherche à dépasser les limites du village où il lui revient de vivre. Dans Ay Pena, une femme revient d’exil pour se confronter à son passé. Et dans El desastre, une expatriée à Londres s’efforce de (re)construire son identité. De son côté, Luís Argeo, en coréalisation avec James D. Fernández, signe avec La plomada une nouvelle exploration de son histoire personnelle et de l’émigration asturienne aux Etats-Unis.

Grâce aux œuvres inclues dans ce cycle et aussi grâce à celles de nombreux autres cinéastes prodiguant enthousiasme et persévérance pour faire naître leurs projets, le secteur audiovisuel asturien continue d’avancer peu à peu dans un processus complexe et alambiqué, celui de la (re)construction de son identité, qui est aussi celle des Asturies.

Alejandro Díaz Castaño | Directeur du FICX – Festival Internacional de Cine de Xixón