Miradas

"Vibración de Val del Omar"

Cycle proposé par les Archives Val del Omar du Musée Reina Sofía et avec le soutien d’AC/E.

José Val del Omar (1904-1982) est l’un des artistes et cinéastes les plus marquants du XXe siècle et du début du XXIe. Son œuvre, qui mêle cinéma expérimental, écriture, collage, photographie ou son, dépasse les limites du support filmique pour le soumettre à une profonde transformation dans tous ses aspects : conceptuel, matériel, technique voire transcendantal. Son cinéma, pensé comme une œuvre d’art totale, est destiné à produire un nouveau sujet après une expérience syncrétique et immersive. Il n’est pas exagéré de dire qu’avec Val del Omar, le cinéma comme art passif et figé, meurt et renaît dans une nouvelle configuration élargie, radicale et imprévisible. En ce sens, son œuvre, bien qu’elle se rattache à la deuxième moitié du XXe siècle, sera une source inépuisable d’idées, d’influences et de vibraciones qui résonnent encore aujourd’hui. L’ambivalence de son œuvre, à mi-chemin entre science et art, entre mysticisme et technique, entre raisonnement machinal et sentiment exacerbé et l’isolement de ses recherches dans l’Espagne franquiste feront que son œuvre sera ignorée dans l’histoire de l’art et du cinéma. Cependant, ces dernières années, cette condition marginale s’est transformée en une intarissable fascination. Son œuvre, nous le reconnaissons aujourd’hui, devance les défis caractéristiques du cinéma expérimental des années 1960, anticipe le concept de « cinéma élargi » dont dérive l’installation cinématographique contemporaine, et dialogue avec le documentaire ethnographique expérimental. Val del Omar n’est pas seulement un pionnier, mais une nouvelle ligne de fuite pour repenser le cinéma par rapport au spectateur, à la connaissance et l’expérience du monde.

Il est enthousiasmant de montrer à nouveau Val del Omar en France, et que Toulouse soit l’endroit choisi pour cela. Ce n’est pas une coïncidence. Fuego en Castilla reçoit une Mention spéciale de la Commission Supérieure Technique à Cannes en 1961 et du Centre Georges Pompidou pour l’important cycle Cinéma d’Avant-Garde en Espagne : Une Anthologie en 1982. Val del Omar respire l’avant-garde, même si ses réflexions restent indissociables de la culture artistique, littéraire et philosophique des années 1920 en Espagne. Son œuvre est issue du même terreau que La Génération de 27, de laquelle il est un représentant majeur ; il est également proche de La Residencia de Estudiantes [Ndlr. Centre culturel et de réception des avant-gardes d’Espagne, un des foyers les plus vivants de création, diffusion et d’échange scientifiques, intellectuels et artistiques de l’Europe de l’entre-deux-guerres.]

C’est un acte de justice poétique que de montrer le Triptyque à Toulouse, ville d’exil espagnol.

Ce cycle consacré à Val del Omar se compose de deux programmes. Le premier sur les origines de l’esthétique documentaire moderne et le second sur son accomplissement dans le Tríptico Elemental de España, une de ses œuvres les plus importantes et inépuisables, sans fin, comme il l’écrirait lui-même, dans l’histoire de l’audiovisuel expérimental et poétique.

SÉANCES:

JEU. 10 – 18H30 – ENSAV : Séance présentée par Piluca Baquero et Chema González
DIM. 13 – 16H10 – CINÉMATHÈQUE

Tarifs :
1 programme : 5 euros / double programme : 8 euros