Cycles, Rencontres et Sorties 2026

Cycle “Plaisirs subversifs”

Un voyage dans le cinéma de la transition démocratique, quand un vent de liberté renversait les piliers du franquisme.

À la suite de la mort du général Franco le 20 novembre 1975, s’ouvre en Espagne une Transition démocratique qui conduit le pays au retour progressif des libertés. Bien décidé·es à empêcher le retour du fascisme, les Espagnol·es vont vouloir user pleinement, entre 1976 et l’alternance politique de 1982, de leur liberté d’expression retrouvée.

Le cinéma espagnol est appelé à jouer un rôle fondamental dans la libération de l’imaginaire collectif. Dès 1977, la parole politique se libère avec la tenue des premières élections démocratiques ; les images font de même avec l’abolition de la censure cinématographique.

Le cinéma de fiction va représenter ce qui était jusqu’ici réprimé ou tenu pour interdit sur les écrans, à commencer par certaines formes de violence et de sexualité. Les fictions de la Transition se peuplent ainsi de corps dénudés, souvent violentés, d’actes sexuels multiples, dans toutes leurs orientations, de drogues diverses, ouvertement consommées, de crimes et de délits, crânement montrés : bref, un abondant kaléidoscope d’excès visuels et de comportements encore prohibés il y a peu.

Ce cinéma de la Transgression, plutôt que de la Transition démocratique, se veut volontairement cru et provoquant. Évoluant entre sensationnalisme journalistique et racolage érotico-commercial, l’exposition sans fard des questions sociales brûlantescomme la transgression des valeurs franquistes (famille, religion, autorité, nationalisme) y a valeur de programme.

L’ambition de « Plaisirs subversifs, Espagne 1977-1984 » est de proposer un corpus de films où la libération des tabous et de la censure franquistes se double d’une réflexion critique et d’une véritable créativité.

Notre parcours débute avec El puente (1977), un road movie qui détourne les codes de la comédie « sexy » espagnole en un film politique où les corps, d’objets de consommation, deviennent les sujets d’une conscientisation sur les maux de l’Espagne de la Transition.

Il s’achève, à la limite du spectre temporel de la Transition, avec Poppers (1984), un revenge movie teinté de sadisme qui exploite la culture visuelle de la Movida pour régler les comptes de la jeunesse avec la dernière génération franquiste, celle des pères.

Entre ces deux bornes, une demi-douzaine de films – de Pedro Almodóvar (Dans les ténèbres,1983) à Eloy de la Iglesia (El sacerdote, 1978), du cultissime Arrebato (1979) au diptyque Tigres de papel (1977) / ¿Qué hace una chica como tú en un sitio como este? (1978) en passant par le méconnu Barcelona Sur (1980) – qui explorent les plaisirs politiques et la politique des plaisirs de la jeune démocratie espagnole.

Attention, certains films de ce cycle comportent des avertissements pour le jeune public. Détails à venir

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