Depuis trois ans, cette distinction honore une personnalité du monde du cinéma pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution au rayonnement international de la cinématographie espagnole. Cette distinction a été remise à la cinéaste Isabel Coixet en 2024 et à la comédienne Rossy de Palma en 2025.
Cette année, Cinespaña aura le plaisir de remettre une double Violette d’honneur à deux personnalités exceptionnelles du cinéma espagnol qui incarnent deux générations. Le réalisateur Jonás Trueba, et l’actrice Carmen Maura !
Carmen Maura sera présente à Toulouse vendredi 9 et samedi 10 octobre.
Une rencontre avec l’actrice aura lieu vendredi 9 octobre à 19h30 au Pathé Wilson, pour évoquer l’ensemble de sa carrière.
Deuxième temps fort : Carmen Maura rendra hommage au cinéaste Fernando Colomo, qui l’a découverte à la fin des années 1970. Elle présentera à ses côtés le film Tigres de Papel à la Cinémathèque de Toulouse, samedi 10 octobre à 18h30.

Issue d’une grande famille conservatrice, rien ne destinait Carmen Maura à devenir actrice. Elle débute pourtant sa carrière dans les années 1970, à l’âge de 25 ans, malgré le manque de soutien de son mari de l’époque et la désapprobation de ses parents. Son désir de liberté et sa passion pour le jeu ont toujours été plus forts que les pressions sociales de l’époque : des qualités qui lui ont sans doute permis de s’imposer comme une figure fondamentale du cinéma espagnol dès la Transition Démocratique.
Elle est notamment révélée par le cinéaste Fernando Colomo dans l’immédiat postfranquisme grâce à un dyptique de films où elle campe des personnages de femmes libérées qui bouleversent les normes patriarcales et conservatrices. C’est aussi à l’époque qu’elle rencontre Pedro Almodóvar, alors qu’elle interprète le rôle principal de la pièce de Jean-Paul Sartre, Les mains sales. De cette amitié va naître une collaboration artistique foisonnante. Le cinéaste manchego lui offre six rôles importants dans les années 1980. Elle livre ainsi quelques-unes de ses interprétations les plus mémorables dans Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? (1984) ou Femmes au bord de la crise de nerfs (1988).
Par la suite, sa carrière navigue entre l’Espagne – où elle joue chez des cinéastes aussi important·es que Carlos Saura, Pilar Miró et Álex de la Iglesia –, et l’international, où elle joue notamment chez Francis Ford Coppola et Amos Gitaï. Francophile, Carmen Maura développe aussi une carrière intéressante dans le cinéma français, participant à des films d’Alain Françon, Étienne Chatiliez ou encore Jean-Pierre Mocky.
Au cours de sa carrière, elle a été récompensée par trois Goyas et un César, en 2012, pour son rôle dans Les femmes du 6e étage de Philippe Le Guay. Elle a été pendant des années l’actrice la plus récompensée par l’Académie européenne du cinéma, honneur qu’elle partage avec des actrices aussi prestigieuses qu’Isabelle Huppert, Juliette Binoche et Charlotte Rampling, à qui elle peut être comparée.

Au programme :
- Tigres de Papel (1977), Fernando Colomo
- ¿Qué hace una chica como tú en un sitio como este? (1978), Fernando Colomo
- Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? (1984), Pedro Almodóvar
- ¡Ay, Carmela! (1990), Carlos Saura
- Le bonheur est dans le pré (1995), Etienne Chatiliez
- Le Harem de Mme Osmane (2000), Nadir Moknèche
- Rue Málaga (2025), Maryam Touzani
Programmation complète et horaires à venir prochainement !