Programmation

Ouverture

SOIRÉE D’OUVERTURE

Vendredi 2 octobre

19h : Lancement de la 25e édition – Cinémathèque – ENTRÉE LIBRE

Rencontre acteur : Javier Cámara

Avec le soutien de l’AISGE

Rencontre avec Javier Cámara

  • Rencontre le vendredi 9 octobre à 21h dans la Grande Salle de la Cinémathèque
  • La rencontre sera précédée de la projection du film Vivir es fácil con los ojos cerrados de David Trueba à 18h30

Il est natif de La Rioja et acteur de théâtre, télévision et cinéma depuis une trentaine d’années. Véritable caméléon, à l’aise dans la comédie comme dans le drame, que ce soit sur le petit comme le grand écran, Javier Cámara est devenu un incontournable du cinéma espagnol.

JAVIER CAMARA SITE BIOFormé en théâtre, il y a d’abord consacré sa carrière dans les années 1990. À partir de 1999, la sitcom 7 vidas diffusée à la télévision espagnole et le film Hable con ella de Pedro Almodóvar en 2002 lui ramènent le statut d’acteur populaire en Espagne et permet même à son nom de dépasser les frontières. Il gagne son premier Prix Goya en 2014, celui du Meilleur Acteur pour son rôle de fan inconditionnel des Beatles dans Vivir es facíl con los ojos cerrados de David Trueba.

Javier Cámara a plusieurs fois travaillé avec des réalisateurs iconiques espagnols. Avec Pedro Almodóvar, il a été le réservé infirmier de Hable con ella mais également un travesti dans le grinçant La mala educación et un stewart excentrique dans le délirant Los amantes pasajeros. Il a aussi côtoyé la cinéaste Isabel Coixet à plusieurs reprises, avec un premier rôle dans La vida secreta de las palabras en 2005 puis avec l’acclamé Ayer no termina nunca en 2013 où il partageait l’affiche avec Candela Peña. Enfin depuis 2006 avec Ficción, Cesc Gay l’a plébiscité pour Una pistola en cada mano, et le célèbre Truman, où il a partagé l’affiche avec l’argentin Ricardo Darín, et avec lequel il a obtenu son second Prix Goya en 2016 pour Meilleur Second Rôle. En 2020, ils se retrouvent sur Sentimental, la dernière comédie du réalisateur catalan.

Parallèlement au cinéma, il est très actif à la télévision espagnole et depuis 2019 il est le protagoniste de la série Vota Juan. Il y a donné vie à l’homme politique Juan Carrasco, tout comme dans la séquelle Vamos Juan. C’est également dans cette série qu’il a fait ses débuts en réalisation, se plaçant derrière la caméra le temps de quelques épisodes. Dernièrement, le nom de Javier Cámara est apparu dans des séries internationales, comme dans la 3e saison de Narcos, l’un des bijoux de Netflix, ou encore The Young Pope, puis The New Pope, diffusées sur Canal+ en France et HBO aux Etats-Unis, où il a côtoyé Jude Law.

Cámara est remonté sur les planches de Madrid en 2010 pour un rôle dans le classique Realidad de Harold Pinter. Malgré ses multiples facettes, c’est au grand écran qu’il est le plus prolifique. Cette année, on le retrouve pour la seconde fois sous la direction de Fernando Trueba pour El olvido que seremos, où il interprète Héctor Abad Gómez, un docteur qui a lutté toute sa vie pour les droits sociaux et politiques en Colombie.

¡Pánico Pop!

Subversion en Espagne, des yéyés à la Movida

Des yéyés chez Franco. La chose vous semblera peut-être incongrue. Et pourtant. Si Marisol et Joselito ne font aucun doute quant à leur origine, il ne faudrait pas oublier que le fameux et planétaire tube Black is Black, repris par notre Johnny national dans sa version francisée Noir c’est noir, vient lui aussi de l’autre côté des Pyrénées, composé en 1966 par Los Bravos, éminent groupe pop madrilène. Parce que l’Espagne franquiste n’aura pas échappé à la Beatlemania et à la déferlante pop.

Back in time, comme chanteraient Los Íberos. Fin des années 1950, le régime, aux abois économiquement, rompt avec sa politique autarcique, ouvre son économie aux investisseurs étrangers et ses frontières au tourisme. Alliée de l’OTAN dans la nouvelle stratégie de guerre froide qui régit le monde, l’Espagne devient fréquentable et ses plages tout particulièrement (la transformation de Benidorm date de cette époque). L’Espagne veut elle aussi son miracle économique. Et – même si politiquement Franco garde serrée la vis, pour ne pas dire le garrot – c’est dans ces conditions de détente que la culture pop y fait son apparition durant les années 1960, comme à peu près partout sur la planète. Alors que le monde finit de se relever économiquement de la Seconde Guerre mondiale, la jeune génération tend à se soulever culturellement. Et l’Espagne n’y échappe pas. Oui, des chevelus remontent la Gran Via sous le regard médusé et réprobateur de passants d’un autre âge (séquence marquante à voir dans Un, dos, tres… al escondite inglés). Les cheveux des garçons s’allongent dans le vent tandis que les jupes des filles raccourcissent.

La pop est dans la place elle aura même droit de 1968 à 1970 à son émission télévisée réalisée par Iván Zulueta et devenue culte : Último grito. Et si elle grave le vinyle de ses microsillons, elle finit aussi par impressionner la pellicule. Comme avec les Beatles, ou les yéyés chez nous, des films sont donc produits sur la notoriété des nouvelles idoles des jeunes (Los Bravos, Los Íberos, Micky y los Tonys…). Le genre s’apparente plutôt au produit de marketing, dérivé mercantile de l’industrie du disque, mais les films pop espagnols distillent sous leurs airs de gentilles comédies musicales une critique acide de la société franquiste et de sa vitrine culturelle. Détournement d’un casting pour la formation d’un groupe officiel (avec réplique de Joselito) dans Topical Spanish. Corruption d’un institut de jeunes filles dans Los chicos con las chicas. Terrorisme musical pour saboter la chanson officielle (Mentiras, mentiras, rien moins que « Mensonges, mensonges ») qui doit représenter l’Espagne à un simili Eurovision dans Un, dos, tres… al escondite inglés

Conflit des générations en permanence avec allusions à un establishment franquiste raillé, il y a quelque chose d’éminemment subversif dans ces productions pop(ulaires) qui, si elles ne sont pas identifiées au cinéma contestataire, plus intellectuel, de l’époque, n’en sont pas moins des coins enfoncés dans les fissures de la dictature. Subversion dans le fond de sujets d’apparence inoffensive. Mais subversion aussi dans la forme qui irrigue le teenage movie d’une bonne dose de cinéma expérimental (Un, dos, tres… al escondite inglés). Quand ce n’est pas une forme de néoréalisme corrigé par la Nouvelle Vague qui rencontre le clip (Megatón Ye-Ye), voire le surréalisme bouffon (Topical Spanish). Sans parler des warholiennes Intrigues de Sylvia Couski et de l’incroyable Diferente, mélodrame minnello-sirkien qui semblerait monté par le Kenneth Anger de l’homo-érotique Scorpio Rising (réalisé seulement deux ans plus tard). Jusqu’à l’indomptable Eloy de la Iglesia qui, dans un geste transgenre de réappropriation d’Orange mécanique, corrompt cette esthétique pop à coups de gimmicks empruntés au giallo italien (Una gota de sangre para morir amando). La culture pop finit par croiser le cinéma de genre et l’underground pour donner ce qui pourrait devenir un véritable cocktail molotovien, explosif sous ses abords acidulés.

Mais ne nous leurrons pas, le phénomène, aussi jouissif qu’il soit à découvrir aujourd’hui, reste plutôt à la marge et c’étaient bien Marisol et Joselito, et leurs comédies musicales calibrées par le régime, qui tenaient alors le haut de l’affiche. L’explosion libératrice viendra au début des années 1980 avec la Movida, synchrone à l’achèvement de la transition démocratique. Mais si l’emblématique mouvement dont on fêtera les quarante ans cette année a été influencé par le punk et le comics, il pourrait aussi avoir ses racines espagnoles, plus profondes, puisant à cette veine pop des 60’s, véritable terreau à un cinéma transgressif. Des yéyés à la movida, de Diferente au Labyrinthe des passions, c’est cette histoire souterraine, aussi inattendue que décentrée, que nous aspirons à dégager avec cette proposition. Décalée, mais pourquoi pas, sérieuse. Un, dos, tres, ¡Pánico!

  • Franck Lubet, responsable de la programmation de la cinémathèque de Toulouse
  • Loïc Diaz-Ronda, co-directeur de Cinespaña

Nouveau cinéma basque

Avec une identité culturelle très forte, le Pays Basque est sans doute l’une des régions d’Espagne les plus fertiles pour la création artistique. Ce cycle parcourt les divers chemins pris ces derniers temps par le cinéma basque, des films à gros succès aux productions d’auteur indépendantes. Depuis un peu plus d’une décennie, certains lieux et événements ont fait pousser le germe d’une vague de cinéma indépendant qui s’est révélée l’une des plus intéressantes et prolifiques du territoire espagnol. Le festival Punto de Vista à Pampelune, les universités, le centre Arteleku et, plus récemment, le centre Tabakalera à Saint- Sébastien… ont créé un terrain propice à l’échange, la réflexion commune et la création. Bilbao, Saint-Sébastien et la Navarre sont ainsi devenus les trois côtés d’un triangle dans lequel circulent les créateurs. Le documentaire est un des terrains d’expression de ce phénomène varié et stimulant. Une longue liste de titres et de réalisateurs pourrait être citée. Nous en profiterons pour revoir l’excellent Mudar la piel de Cristóbal Fernández et Ana Schulz (Prix du Meilleur Documentaire 2019 à Cinespaña) et le surprenant La casa Emak Bakia d’Oskar Alegria, qui suit la trace de l’artiste Man Ray sur la côte basque. Nous découvrirons également Converso de David Arratibel, un conflit familial devenu un film de réconciliation. De la vaste production de courts-métrages, une attention spéciale mérite d’être portée aux œuvres réalisées par des femmes et qui traitent de l’identité féminine. Le programme de courts Cuerpos, gritos y escenas de vida est un mélange de films enquêtes, de récits autobiographiques, de création documentaire et d’animation. Des films sur l’urgence de la réflexion féministe la plus actuelle. Le cinéma basque présente aujourd’hui ce double registre : un cinéma d’auteur dont les réalisateurs sont pleinement reconnus sur le territoire espagnol et un cinéma commercial de qualité rencontrant de vifs succès. La structurede production Moriarti, avec les cinéastes Jose Mari Goenaga, Jon Garaño et Aitor Arregi à sa tête, a ainsi produit les premiers films de langue basque diffusés sur tout le territoire espagnol et dans d’autres pays comme la France. Le Focus qui leur est dédié présentera leur quatre succès maison : 80 egunean, Loreak, Handia et, en avant-première, Une vie secrète. Enfin, le panorama ne serait pas complet sans un échantillon d’humour basque au cinéma. À l’instar de son aîné Álex de la Iglesia, le scénariste et réalisateur Borja Cobeaga, issu du monde du court-métrage et de la télévision, n’hésite pas à exploiter dans ses comédies brillamment déjantées la parodie et l’autodérision pour parler du caractère basque. Le rire s’avère bien souvent la meilleure des thérapies pour soigner les blessures historiques.

Clôture

SOIRÉE DE CLÔTURE ET REMISE DES PRIX

Samedi 10 octobre

19h : Cérémonie de remise des prix – Cinémathèque – ENTRÉE LIBRE

Dans la limite des places disponibles.
Les films primés seront rediffusés le dimanche 11 octobre.